Montpellier. Né en 1912…

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En octobre 1989, Fernand Dartigues retrouve dans ses archives familiales, une photo de lui :


« Ce bambin de deux ans, c’est moi. Né comme tout le monde, par hasard, d’une rencontre et d’un accouplement. Il est joufflu, bien habillé. Son visage respire la candeur. Il y a de l’inquiétude et de l’espoir dans son regard… Pauvre Fernand qui ne se doute de rien quant à ce qui va lui arriver ! Ce qu’il attend n’est certes pas ce qui l’attend… Dans quel piège venait-il de tomber, dans quel monde avait-il débarqué ! Et comment se serait-il douté que, 75 ans plus tard, il s’attendrirait sur cette photo retrouvée, et qu’il se dirait : Si le même photographe faisait mon portrait aujourd’hui... 

Cela se passait à Montpellier, en 1914. La guerre allait commencer et mon père, qui tenait une boutique de coiffure, rue des Étuves ‘Au cadet de Gascogne’, allait devenir brancardier sur le ‘front’ tandis que ma mère allait jouer les aide-pharmaciennes dans un hôpital. C’est ma grand-mère qui me recueillerait avant qu’on me mette en pension dans des familles à l’âge de la maternelle et des premières classes. 

Ce bambin se retrouverai à Marseille en 1922, entre un père et une mère désaccordés, faisant la connaissance d’un nouveau monde, pas enchanteur du tout, où régnait la pauvreté, et la grossièreté. A partir de là, tout allait lui devenir pénible. Il allait connaître la difficulté de vivre, le désarroi, la timidité maladive, un terrible manque de confiance en soi qui le mènerait à vingt ans au bord du suicide. Quelle longue période de stagnation avant que de se reprendre peu à peu… Non, il n’avait pas fini d’en baver, ce gentil poupon qui posait devant l’objectif, avec une évidente bonne volonté. »

Suivent quelque dates sur divers événements notables :

  • 1923, Certificat d’Eudes Élémentaires,
  • 1924, manœuvre maçon, apprenti plombier, apprenti électricien sur autos et en appartements,
  • 1928, employé de banque, 
  • 1930, représentant en articles de droguerie,
  • 1932, représentant pour Ricard, [qu’il retrouvera bien plus tard et avec qui il entretiendra des rapports cordiaux],
  • 1934, travaille à la comptabilité pour la Cie Marseillaise de navigation à vapeur, Fraissinet,
  • 1938, docker, représentant des machines à écrire Underwwood, à Caplain Saint André,
  • 1938, inspecteur auxiliaire de police,
  • 1940,  inspecteur à la Sûreté des Armées, 
  • 1941, Chef Compagnon [il restera en contact avec l’un d’eux, le compositeur chanteur, Francis Lemarque],
  • 1942, inspecteur à la PJ de Marseille, puis à Cannes et au Le Cannet,
  • 1953, journaliste [Cannes-Vichy, Cannes Midi, Arts...],
  • 1954, directeur pour la France de la Revue (suisse) Internationale de Criminologie,
  • 1959, fondateur d’un périodique (longtemps bimensuel), Cannes Festival, qui allait vite changer de nom pour devenir Paris-Côte d’Azur, 
  • 1989, pas de panique !

- le Marseille des années 40 - rue Paradis -