Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Faut-il voyager pour être heureux ? C’est en effet le sujet d’une exposition qui se tient à Clermont-Ferrand du 23 juin au 17 septembre. Avec plus de 92 000 visiteurs, cette exposition, présentée initialement à l’espace Fondation EDF à Paris jusqu’en avril 2023, invite les visiteurs à se questionner sur leur rapport au voyage au travers de l’imaginaire artistique de 26 artistes contemporains français et internationaux.



- Ange Leccia - Globes terrestres © Ange Leccia
et Galerie Jousse Entreprise, Paris / Adagp, Paris, 2023 -


L’exposition aborde des sujets d’actualité, comme la mobilité repensée à la suite de la crise sanitaire, les enjeux environnementaux de la préservation des écosystèmes et du changement climatique, ou encore les migrations contraintes et l’exil. C’est aussi une invitation au plaisir et à l’émotion pour découvrir d’un autre œil l’univers du voyage. Près d’une trentaine d’œuvres - installations, peintures, vidéos ou encore photographies - évoquent ces questions majeures. 

« La facilité des circulations, associée à la promotion des destinations, nourrit le désir de voyages. À tel point que les loisirs touristiques sont devenus une norme existentielle associée aux vacances. Voyager pour le plaisir apparaît comme une activité valorisée et valorisante. Partout, des lieux sont spécialement apprêtés pour accueillir des visiteurs. Le tourisme est un élément de toutes les stratégies de développement territorial. 

Avant la pandémie, le secteur touristique était considéré comme l’une des premières industries du monde avec 1,4 milliard d’arrivées internationales. S’il est d’usage de parler de « tourisme de masse », cependant n’imaginons pas que tout un chacun dispose des moyens financiers de voyager pour le plaisir. Pour cela, il faut bénéficier d’un excédent budgétaire qui n’est pas également réparti. Le secteur touristique rencontre depuis quelque temps de vigoureuses contradictions : saturation du ‘surtourisme’, conflits d’usages, émissions de gaz à effets de serre, remises en cause d’aménagements touristiques, politique du plus bas prix délétère... 

Aussi le choc pandémique, en remettant en cause la sécurité sanitaire des mobilités, s’est-il accompagné de multiples débats sur l’avenir du tourisme. La mise en berne des activités touristiques a révélé la fragilité des économies dépendantes au tourisme. Pour sauver une planète que le voyage prétend faire découvrir, devra-t-on revoir à la baisse la fréquence des voyages ? Ou bien, grâce aux technologies vertes, pourra-t-on rêver d’un tourisme plus ou moins décarboné ? En attendant, planter partout des arbres pour compenser nos émissions de gaz à effet de serre, est-ce une solution ou un mirage ? »

Les graves problèmes environnementaux énoncés et les interrogations sur la pertinence de nos comportements aussi, reste la question existentielle de départ : le voyage nous rend-il heureux ? Rien n’est moins sûr, pas plus que la richesse n’est une garantie de bonheur, sinon ça se saurait...


Salle Gilbert-Gaillard
2, rue Saint-Pierre, Clermont-Ferrand
tel. 04 73 40 87 20